A propos de l’exposition de Jean Bedez aux Galeries Lafayette Homme
Atrium/Rez-de-chaussée, 48 Boulevard Haussmann- 75009 Paris
Du 16 au 28 avril 2012
Commissaire : Lorraine Hussenot
Ce projet est une initiative de la marque de prêt-à-porter Coton Doux.
Jean Bedez est représenté par la galerie Suzanne Tarasieve, Paris.

Photographies ©MariaSpera. Montage de l’exposition de Jean Bedez aux Galeries Lafayette Homme
Le Sacre de l’HUMAIN…
Penchée sur l’objet du monde, sur ses ombres, sur les hommes dont je perçois les silhouettes sombres et massives… Penchée sur moi-même qui tente de devenir homme, je laisse ma conscience s’engloutir au gré des courbes réfléchissantes d’une grotte immaculée, d’une fusée de chaux blanche,
Immobile, rayonnante, silencieuse.
La Formule 1 représentée par Jean Bedez opère la fonte de l’espace et du temps, les condense de sorte à ce que la matière ne tienne plus la promesse d’une vitesse horizontale mais la promesse d’une vitesse désormais verticale. L’artiste nous invite à une connaissance des profondeurs, de la pureté de la forme pour une sublimation de l’objet à entendre comme un miroir. Jean archive les icônes avec la rigueur d’un artisan perfectionniste. Si l’œil se plaît à isoler des fragments, la sculpture se métamorphose en divers éléments de paysages puisés dans une nature simple et archaïque : la géométrie, les surfaces planes ou arrondies etc… L’objet est désacralisé dans sa fonction même. Tel quel, il lui est impossible de remporter une course linéaire car son poids, suggéré par les parpaings en guise de roues… ou de supports, rejoint celui des marbres italiens sur le fil de l’histoire de l’art.
Quelle est l’importance, le poids, l’impact, le rôle d’une pièce d’art dans une société ? Dans la nôtre aujourd’hui ?
« Qui a pensé le plus profond aime le plus vivant » écrivait Holderlin.
Dans les veines de la consommation,
L’art s’infiltre
Tel,
Le caméléon aguerri qui ne craint de se travestir pour
Lever
L’écume de l’âme humaine
Des profondeurs
Vers
la surface du monde, vers
la surface des objets, vers
la surface des hommes.
L’ambition.
Ce projectile lourd que l’on médite ou que l’on rêve avec la délicatesse d’une œuvre à venir.
Elle se frotte au sac du cœur, au sac du corps
Et, reste longtemps un brouillon qui s’esquisse, une vie que l’on tente d’appréhender.
Serait-ce ceci être homme ?
Comprendre que la vie est un croquis dont nous seuls maîtriserions les traits, les ombres portées, le relief ? Qu’autrui, venant apposer son regard nous offrirait une vision d’ensemble, un point de vue d’unité, si nécessaire à la poursuite de ce commun dessein ?
…Peut-être, alors, pourrions-nous dès à présent mener cette réflexion dans la chair de nos
pas …
Anaïs Delmas, à Paris le 7 mai 2012
Atrium/Rez-de-chaussée, 48 Boulevard Haussmann- 75009 Paris
Du 16 au 28 avril 2012
Commissaire : Lorraine Hussenot
Ce projet est une initiative de la marque de prêt-à-porter Coton Doux.
Jean Bedez est représenté par la galerie Suzanne Tarasieve, Paris.

Photographies ©MariaSpera. Montage de l’exposition de Jean Bedez aux Galeries Lafayette Homme
Le Sacre de l’HUMAIN…
Penchée sur l’objet du monde, sur ses ombres, sur les hommes dont je perçois les silhouettes sombres et massives… Penchée sur moi-même qui tente de devenir homme, je laisse ma conscience s’engloutir au gré des courbes réfléchissantes d’une grotte immaculée, d’une fusée de chaux blanche,
Immobile, rayonnante, silencieuse.
La Formule 1 représentée par Jean Bedez opère la fonte de l’espace et du temps, les condense de sorte à ce que la matière ne tienne plus la promesse d’une vitesse horizontale mais la promesse d’une vitesse désormais verticale. L’artiste nous invite à une connaissance des profondeurs, de la pureté de la forme pour une sublimation de l’objet à entendre comme un miroir. Jean archive les icônes avec la rigueur d’un artisan perfectionniste. Si l’œil se plaît à isoler des fragments, la sculpture se métamorphose en divers éléments de paysages puisés dans une nature simple et archaïque : la géométrie, les surfaces planes ou arrondies etc… L’objet est désacralisé dans sa fonction même. Tel quel, il lui est impossible de remporter une course linéaire car son poids, suggéré par les parpaings en guise de roues… ou de supports, rejoint celui des marbres italiens sur le fil de l’histoire de l’art.
Quelle est l’importance, le poids, l’impact, le rôle d’une pièce d’art dans une société ? Dans la nôtre aujourd’hui ?
« Qui a pensé le plus profond aime le plus vivant » écrivait Holderlin.
Dans les veines de la consommation,
L’art s’infiltre
Tel,
Le caméléon aguerri qui ne craint de se travestir pour
Lever
L’écume de l’âme humaine
Des profondeurs
Vers
la surface du monde, vers
la surface des objets, vers
la surface des hommes.
L’ambition.
Ce projectile lourd que l’on médite ou que l’on rêve avec la délicatesse d’une œuvre à venir.
Elle se frotte au sac du cœur, au sac du corps
Et, reste longtemps un brouillon qui s’esquisse, une vie que l’on tente d’appréhender.
Serait-ce ceci être homme ?
Comprendre que la vie est un croquis dont nous seuls maîtriserions les traits, les ombres portées, le relief ? Qu’autrui, venant apposer son regard nous offrirait une vision d’ensemble, un point de vue d’unité, si nécessaire à la poursuite de ce commun dessein ?
…Peut-être, alors, pourrions-nous dès à présent mener cette réflexion dans la chair de nos
pas …
Anaïs Delmas, à Paris le 7 mai 2012

